Ronnie Leten : " Heureux, mais pas repus. "

12/02/18 à 10:37 - Mise à jour à 11:12

Il y en avait du monde mardi soir au centre d'affaires BluePoint Anvers. Quelque 300 industriels s'y étaient donné rendez-vous pour la remise des Factory of the Future Awards 2018. Avec 4 nouveaux vainqueurs et 3 lauréats de la première heure toujours adeptes convaincus, un discours inaugural tranchant, un projet fantastique pour les jeunes et une très agréable réception-réseau pour clôturer, les participants ont pu baigner dans une expérience totale des plus inspirantes.

Ronnie Leten : " Heureux, mais pas repus. "

Le concept des Factory of the Future Awards, initiative d'Agoria Vlaanderen et de Sirris à laquelle différentes autres organisations ont entre-temps lié leur nom, est connu. Les prix visent à récompenser les entreprises manufacturières qui fournissent des efforts pour se transformer en usines du futur en suivant sept pistes essentielles et qui sont en outre les plus avancées dans cette métamorphose. En ce sens, les Awards ne sont pas une fin en soi, mais un encouragement à continuer de se transformer sans cesse.

" Une évolution nécessaire, car les entreprises qui consentent ces efforts prennent aussi concrètement l'avantage ", a déclaré Peter Demuynck, directeur général d'Agoria Vlaanderen : " Nous voyons jusqu'ici, par exemple, qu'auprès des 20 entreprises primées, le délai de production a baissé en moyenne de 50 % tandis que les stocks internes ont fondu de 45 % sur les quatre dernières années. La fiabilité des livraisons aux clients s'y est en outre améliorée de 30 %. Autre constat : les lauréats ont investi un total de 565 millions d'euros en R&D sur les quatre années écoulées. Et ils ont créé 13 % d'emploi de plus, une moyenne nettement supérieure à celle du marché. Bref, l'automatisation ne détruit l'emploi ; elle en crée de nouveaux et confère à nos entreprises manufacturières une longueur d'avance sur la concurrence. " (Ndlr : les participants à notre événement Get Smart in Printmedia Business de l'an dernier avaient déjà pu se familiariser avec le concept. Paul Peeters y avait donné un exposé fort apprécié sur le sujet, tout en appelant les entreprises graphiques à se muer elles-mêmes en Usines du futur. L'initiative est à présent étendue à la Wallonie.)

Oser le changement

Dans son allocution, Ronnie Leten, président d'Ericsson et ancien CEO du numéro un mondial des compresseurs Atlas Copco, a chaleureusement félicité les lauréats : " Vous êtes les pionniers de votre génération. Sachez qu'on vous regarde et soyez conscients d'être peut-être pour ceux-là une plus grande source d'inspiration que vous ne l'imaginez. "

Dans notre monde en rapide évolution, a-t-il poursuivi, " développer et choyer le talent " et " oser le changement " sont les principales clés du succès. Savoir réagir au changement avec intelligence et passion, voilà le message : " Car vos points forts d'hier ne vous garantissent jamais d'avoir l'avance demain. "

Et de livrer à titre d'illustration quelques anecdotes tirées de l'histoire d'Atlas Copco. L'entreprise a su grandir après la Deuxième guerre mondiale en étendant sa maîtrise des moteurs diesels à celle des techniques de compresseurs : un changement de cap radical qui l'a vue jouer sur la formidable hausse de la demande d'air comprimé pour les outils et engins nécessaires à la reconstruction. Autre exemple : la diversification plus récente dans la technique du vide, devenue essentielle aujourd'hui notamment dans la fabrication et le conditionnement des semiconducteurs et d'autres composants de base de la révolution numérique. " Les entreprises ont besoin de vision pour savoir où les nouvelles opportunités se trouvent et comment elles peuvent y réagir avec leur expertise, mais aussi pour trouver les talents qui seront à même de concrétiser et de valoriser cette vision. Les Usines du futur démontrent que les deux aspects sont bel et bien présents en Flandre. Si nous parvenons encore aujourd'hui à créer un climat d'investissement favorable et concurrentiel (et nous sommes sur la bonne voie), alors, j'envisage l'avenir avec optimisme. "

Et il a conclu son exposé par une formule choc qui résume bien la situation : " Soyons heureux, mais pas repus. "

Roadshows en perspective !

Après les paroles, les prix... Peter Demuynck (Agoria Vlaanderen) et Jan Vander Stichele (Flanders' Food et Fevia Vlaanderen) ont pu remettre les trophées imprimés en 3D aux entreprises lauréates tout fraîchement désignées. À savoir Borit, Reynaers Aluminium, Dekeyzer-Ossaer et Lantmännen Unibake.

Pour terminer, Herman Derache (Sirris) a accueilli sur la scène les numéros un de Continental Malines, Newtec et Provan. Après un bref compte rendu de leur parcours de transformation et une présentation d'un nouvel assessment, ces trois vainqueurs de la première heure ont pu renouveler leur certificat d'Usine du futur reçu en 2015. Une première !

Ticket pour la Champions League

Paul Peeters, lead expert Factories of the Future auprès d'Agoria, a déclaré que gagner un Factory of the Future Award en Flandre était le meilleur ticket pour décrocher une place en Champions League européenne des Usines de l'avenir. Cette division n'existe pas encore, mais en coulisses, la dimension internationale de l'usine du futur revêt une brûlante actualité. " Nos entreprises aimeraient pouvoir mesurer leurs performances avec celles des locomotives des autres pays européens. Nous allons les y aider. "

Et d'annoncer, en guise de première étape de cette internationalisation, une collaboration avec le programme Smart Industry néerlandais : " Nos voisins du Nord sont intéressés par notre méthodologie, qui part de 7 pistes de transformation essentielles. Nous avons de notre côté beaucoup à apprendre de l'accent mis aux Pays-Bas sur les field labs, où les entreprises peuvent venir goûter à la technologie. " Des contacts ont aussi été pris avec l'Allemagne. À suivre, très certainement...

Chez nous, une collaboration plus intensive avec les centres de recherche stratégique comme Flanders Make et Imec est actuellement en chantier. Nos entreprises pourront en outre profiter à plein de notre écosystème unique de start-ups et scale-ups, et elles seront mises en contact par l'intermédiaire d'Agoria et Sirris, lors d'initiatives de matchmaking et autres. Paul Peeters a à ce propos cité les chiffres intrigants de l'expert Sirris Omar Mohout : " Pas moins de 92 % des start-ups et scale-ups belges sont orientées B2B. La moyenne européenne n'est que de 62 %. De quoi créer des opportunités particulières, surtout lorsque l'on sait que, pour ces 92 %, le secteur manufacturier est le deuxième marché-cible par ordre d'importance, alors que ce thème ne vient qu'en sixième position au niveau européen. "