Dans un petit mois, les portes de Messe Düsseldorf s'ouvriront pour une très attendue Drupa 2024. Après huit années de sevrage, l'industrie graphique est curieuse de voir ce que les plus de 1 400 exposants issus de cinquante pays auront à lui monter dans les salles imposantes du complexe baigné par le Rhin. Les mégatendances sont connues. La digitalisation, la flambée des coûts des matières premières et de l'énergie, la pénurie de main-d'oeuvre (qualifiée) et la nécessité de produire plus durable maintiennent le secteur sous pression. Une récente enquête commanditée par Heidelberg le confirme. Les plus grands défis pour les PME allemandes selon le sondage du F.A.Z.-Institu...

Dans un petit mois, les portes de Messe Düsseldorf s'ouvriront pour une très attendue Drupa 2024. Après huit années de sevrage, l'industrie graphique est curieuse de voir ce que les plus de 1 400 exposants issus de cinquante pays auront à lui monter dans les salles imposantes du complexe baigné par le Rhin. Les mégatendances sont connues. La digitalisation, la flambée des coûts des matières premières et de l'énergie, la pénurie de main-d'oeuvre (qualifiée) et la nécessité de produire plus durable maintiennent le secteur sous pression. Une récente enquête commanditée par Heidelberg le confirme. Les plus grands défis pour les PME allemandes selon le sondage du F.A.Z.-Institut sont (1) le manque de main-d'oeuvre, (2) les prix de l'énergie et des matières premières, (3) le poids de la bureaucratie et (4) la perte de compétitivité. Nos entrepreneurs belges en savent quelque chose. Espérons que nos décideurs sauront rapidement dégager des réponses productives à l'issue des scrutins européen, fédéral et régional du 9 juin 2024. L'une des solutions face au manque criant de personnel consiste à miser sur l'automatisation et la digitalisation. Lors de l'évènement Portes ouvertes organisé par Komori en son Graphic Center d'Utrecht (Pays-Bas), on a pu assister à des démonstrations d'imposantes presses offset, mais la vraie vedette fut le robot mobile autonome (AMR) de l'Autrichien Agilox. L'AMR a assuré le transport automatique d'une palette d'imprimés entre la presse et la plieuse. Même dans ce monde de haute technologie, un engin logistique autopiloté manoeuvrant habilement entre des centaines d'invités a de quoi laisser rêveur. Ce robot va-t-il représenter le grand bond en avant en termes d'efficience dont ont besoin nos imprimeries? Cela reste à démontrer. Toujours est-il que l'entrée des robots et des cobots - capables de collaborer avec l'humain sans cage de sécurité - est désormais un fait dans moult secteurs industriels. Le robot est bienvenu aussi dans l'industrie manufacturière, qui est un monde de PME. Pendant que le cobot empile les imprimés sur une palette et que l'AMR véhicule la charge, le personnel peut se concentrer sur des tâches davantage porteuses de valeur ajoutée. Plusieurs fabricants montreront leurs solutions en ce sens à la Drupa. Et nous n'avons pas encore parlé des possibilités de l'intelligence artificielle (IA) dans l'optimisation et l'interconnexion des processus et flux de production au sein de l'imprimerie de l'avenir. Les imprimeries doivent devenir des usines intelligentes. Là sont les opportunités. Autre signe positif, il ressort d'une récente enquête du cabinet spécialisé Smithers que la demande mondiale d'imprimés est en hausse depuis un certain temps et que les perspectives de croissance sont bonnes. Smithers table sur une croissance annuelle moyenne de plus de 2% pour l'industrie mondiale de l'impression, et ce pour les cinq ans à venir. Celle-ci serait portée surtout par l'industrie de l'étiquette et de l'emballage, qui représente actuellement 60% du marché global. Les marchés matures de l'Europe occidentale et de l'Amérique du Nord devraient se stabiliser, alors qu'une progression moyenne d'environ 3% par an est attendue en Asie et en Afrique jusqu'en 2028. L'attention particulière pour le marché de l'emballage saute aux yeux à l'approche de la Drupa. Ce thème est également très présent dans ce numéro. Bonne lecture.