2023 a été une nouvelle année de disette pour l'industrie graphique. Le nombre de travailleurs (hors imprimeries de journaux) a reculé de près de 4,76%, à 7 691 unités, passant ainsi pour la première fois sous la barre des 8 000 ouvriers et employés. Celui des employeurs (hors imprimeries de journaux) continue lui aussi de suivre une courbe descendante. En 2023, le secteur graphique comptait encore 614 employeurs, dont 445 imprimeries, 142 entreprises de prépresse et 27 spécialistes de la finition. Et ce alors qu'ils étaient encore plus d'un millier en 2013. Febelgra évoque comme explications l'arrêt de (petites) entreprises, quelques faillites, mais surtout la poursuite de la consolidation au sein du secteur. " Je n'ai pas de boule de cristal, mais j'ai bien peur que cette tendance à la baisse ne s'arrête pas de sitôt ", s'inquiète Marc Vandenbroucke, le directeur général de Febelgra. " Selon nos estimations, le nombre d'imprimeries devrait encore diminuer de 20% les prochaines années. Les arrêts d'activité sont nombreux, surtout auprès des petits imprimeurs. "...

2023 a été une nouvelle année de disette pour l'industrie graphique. Le nombre de travailleurs (hors imprimeries de journaux) a reculé de près de 4,76%, à 7 691 unités, passant ainsi pour la première fois sous la barre des 8 000 ouvriers et employés. Celui des employeurs (hors imprimeries de journaux) continue lui aussi de suivre une courbe descendante. En 2023, le secteur graphique comptait encore 614 employeurs, dont 445 imprimeries, 142 entreprises de prépresse et 27 spécialistes de la finition. Et ce alors qu'ils étaient encore plus d'un millier en 2013. Febelgra évoque comme explications l'arrêt de (petites) entreprises, quelques faillites, mais surtout la poursuite de la consolidation au sein du secteur. " Je n'ai pas de boule de cristal, mais j'ai bien peur que cette tendance à la baisse ne s'arrête pas de sitôt ", s'inquiète Marc Vandenbroucke, le directeur général de Febelgra. " Selon nos estimations, le nombre d'imprimeries devrait encore diminuer de 20% les prochaines années. Les arrêts d'activité sont nombreux, surtout auprès des petits imprimeurs. " Les imprimeries emploient désormais 6 283 personnes (-3,84%), les entreprises de prépresse 1 188 (-7,69%) et celles de finition 220 (-13,38%). " Le secteur a ainsi perdu 384 postes de travail, ce qui est sensiblement plus qu'en 2022, qui n'en avait vu disparaître que 89 ", explique Febelgra. " La perte avait toutefois été plus importante en 2021, avec 433 emplois en moins. " Une analyse des chiffres de l'emploi par Région montre que c'est la Flandre qui encaisse le plus, avec 305 emplois en moins (restent 6 097 travailleurs). En Wallonie, l'emploi a reculé de 85 unités, à 1 268 travailleurs, et en Région Bruxelles-Capitale, on observe pour la première fois depuis 2018 une légère augmentation de 6 unités, à 326 travailleurs. Le nombre d'indépendants actifs dans le secteur graphique belge est en augmentation. Entre 2021 et 2023, le nombre d'indépendants en activité principale a progressé de 6,8%, à 3 868. Pour les indépendants en activité complémentaire, la croissance est de 9,13%, à 2 425. Le nombre d'indépendants poursuivant une activité après la pension progresse lui aussi, de 5%, à 883. En tout, 7 176 indépendants sont actifs dans le secteur. Surtout des graphistes, des webdesigners et des lettreurs, estime Febelgra. Le chiffre d'affaires de l'ensemble du secteur (imprimeries de journaux comprises) a baissé de 4,94% en 2023, à 2,256 milliards d'euros. " Ce qui nous ramène pratiquement au niveau de 2020, et ce n'est pas une bonne nouvelle ", dit Marc Vandenbroucke. On notera que le chiffre d'affaires des imprimeries de journaux est en hausse pour la troisième année consécutive. De 34,6 millions en 2021 à 40,9 millions l'an dernier. " La baisse du chiffre d'affaires global est totalement alignée sur ce que nous observons au niveau de l'emploi ", constate Vandenbroucke. Il y voit trois causes structurelles: " L'envolée des prix des matières premières, les coûts de l'énergie élevés - nous avons les prix de l'énergie les plus hauts d'Europe pour les entreprises de production industrielles - et l'indexation automatique des salaires. La bonne nouvelle est que les investissements des imprimeries graphiques sont en hausse pour la troisième année consécutive. De 80,6 millions d'euros en 2020 à 99 millions l'an dernier. " La poursuite de l'automatisation et de la robotisation est plus que jamais la réponse à la hausse des coûts des matières premières et aux indexations salariales. De tels investissements sont nécessaires pour préserver notre compétitivité ", souligne Marc Vandenbroucke. Cette baisse de compétitivité apparaît d'emblée dans les chiffres d'exportation de l'année 2023, en recul de 3,77%, à 709,5 millions d'euros. Les importations ont souffert, elles aussi, avec une contraction de 7%, à 688,5 millions d'euros. Ce qui se traduit par une balance commerciale en solde positif de 21 millions d'euros. Febelgra évoque à cet égard différents facteurs tels que l'inflation salariale, le refroidissement de l'économie et des prix de l'énergie plus élevés chez nous que chez nos partenaires commerciaux. Nos pays voisins restent nos principales destinations d'exportation, avec 71% pour les Pays-Bas, la France, l'Allemagne et le Royaume-Uni. La Chine est le quatrième pays importateur après la France, les Pays-Bas et l'Allemagne. " Nous avons plus que jamais besoin d'une politique publique qui soutient l'entrepreneurariat ", martèle Marc Vandenbroucke. " Nous allons bientôt avoir de nouveaux décideurs, dont nous devons espérer qu'ils reconnaissent la valeur ajoutée de notre secteur. " Dans son mémorandum électoral, la fédération avait mis en avant trois priorités pour le secteur graphique: (1) réintroduction des orientations graphiques dans l'enseignement technique en Flandre, (2) hausse du soutien public aux entreprises graphiques dans le cadre du Pacte vert pour l'Europe et (3) maintien du régime actuel dit de l'opt-out pour les imprimés non adressés, avec une révision de la fiscalité environnementale sur la distribution de ce type d'imprimés. Ce à quoi s'ajoutaient d'autres points d'attention plus généraux concernant le marché du travail, la compétitivité, la simplification administrative et la mise en place de conditions de concurrence équitable pour le secteur, en Belgique, en Europe et avec les pays tiers comme la Chine. Affaire à suivre.