Jos Steutelings, directeur général du VIGC, a donné le coup d'envoi de la neuvième édition de Het Congres en annonçant que 2024 serait une double année anniversaire. Parce que d'abord, le VIGC existe depuis un quart de siècle, et qu'ensuite, Het Congres se tiendra pour la dixième fois (le 24 octobre 2024 au Lamot de Malines). Voilà qui promet. Le voyage d'études de l'an prochain sera aussi l'occasion de regarder au-delà de nos frontières, a promis Steutelings. L'Europe devient tout doucement trop exiguë pour le Centre d'innovation flamand pour la communication graphique. L'ambition internationale était aussi l'un des leitmotivs d'Ann Wauters dans son discours ultramotivant. Cette grande dame du basket-ball voit beaucoup de points communs entre le sport et le secteur graphique. Au cours de sa carrière internationale au sommet, Ann Wauters a beaucoup gagné, mais elle a aussi perdu des finales. "On en tire les leçons, que faire de mieux?", fut son message. La résilience est une compétence qui s'acquiert. "Contrairement au talent, qui est inné." L'ex-Belgian Cat, désormais coach adjointe du Chicago Sky, en WNBA. a aussi insisté dans son exposé sur l'importance de la recherche de gains marginaux. "Si on s'améliore chaque jour d'un pour cent, mais qu'on le fait une année durant, la croissance est exponentielle."
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Jos Steutelings, directeur général du VIGC, a donné le coup d'envoi de la neuvième édition de Het Congres en annonçant que 2024 serait une double année anniversaire. Parce que d'abord, le VIGC existe depuis un quart de siècle, et qu'ensuite, Het Congres se tiendra pour la dixième fois (le 24 octobre 2024 au Lamot de Malines). Voilà qui promet. Le voyage d'études de l'an prochain sera aussi l'occasion de regarder au-delà de nos frontières, a promis Steutelings. L'Europe devient tout doucement trop exiguë pour le Centre d'innovation flamand pour la communication graphique. L'ambition internationale était aussi l'un des leitmotivs d'Ann Wauters dans son discours ultramotivant. Cette grande dame du basket-ball voit beaucoup de points communs entre le sport et le secteur graphique. Au cours de sa carrière internationale au sommet, Ann Wauters a beaucoup gagné, mais elle a aussi perdu des finales. "On en tire les leçons, que faire de mieux?", fut son message. La résilience est une compétence qui s'acquiert. "Contrairement au talent, qui est inné." L'ex-Belgian Cat, désormais coach adjointe du Chicago Sky, en WNBA. a aussi insisté dans son exposé sur l'importance de la recherche de gains marginaux. "Si on s'améliore chaque jour d'un pour cent, mais qu'on le fait une année durant, la croissance est exponentielle." Le deuxième orateur à Malines fut Kristiaan De Beukelaer, CFO de Mediahuis. Lui aussi est monté sur la scène de Het Congres pour raconter une success story: "D'un éditeur régional à un groupe de médias européen". De Beukelaer est revenu sur dix années de consolidation dans le monde de la presse quotidienne, avant d'esquisser la décennie à venir. Une ère qui s'annonce marquée par une diversité croissante, l'impact du changement climatique, les défis technologiques (intelligence artificielle, réalité augmentée), etc. La société Mediahuis a été co-fondée en 2014 par Corelio (De Standaard, Het Nieuwsblad/De Gentenaar) et Concentra (Gazet van Antwerpen, Het Belang van Limburg). Ce fut le début d'une stratégie européenne de Buy & Build. Les leçons que Kristiaan De Beukelaer retient de cette décennie? (1) "L'union des forces est le fondement du succès dans le monde des médias. (2) La transformation numérique est à l'oeuvre dans le business depuis vingt ans. (3) Il faut croire en un journalisme indépendant." Mediahuis emploie 2 500 journalistes. Le groupe aujourd'hui actif dans six pays a généré un chiffre d'affaires consolidé de 1,22 milliard d'euros en 2022, pour un bénéfice d'exploitation de 155,7 millions. Mediahuis, dit De Beukelaer, tire sa force de sa pertinence locale et de la taille du groupe. "Une certaine grandeur d'échelle est nécessaire pour investir dans la technologie. Nous sommes concurrentiels par rapport aux plates-formes technologiques internationales." L'agence de presse britannique Reuters a fait savoir fin octobre que Mediahuis était intéressée par la reprise de Telegraph Media Group, le groupe de presse qui publie notamment le quotidien The Telegraph. Un premier débat d'intervenants locaux était placé sous le thème "Automatisation et productivité". Laura Goedertier, CEO de Cartim, Thijs Jonckheere, COO de Buromac/Tadaaz, Eric Bongaerts, CEO de Moderna, et Filip Peeters, Senior Specialist Digital Prepress chez Solidus, étaient assis autour de la table. Pour Thijs Jonckheere, de la société brugeoise Tadaaz, miser sur une offre numérique voici dix ans était "une question de survie". La boutique en ligne est aujourd'hui solidement établie, Tadaaz ayant remporté le prix FeWeb du "Webshop of the Year". Solidus, fabricant d'emballages qui a notamment un site à Hoogstraten, met les bouchées doubles sur l'automatisation (pour une production lean et sûre) et entend encore faire beaucoup sur le plan de la digitalisation des processus. Solidus voit ses solutions évoluer de plus en plus de conditionnements purement axés sur le transport vers des emballages orientés retail. Eric Bongaerts, de l'imprimerie Moderna, à Paal, a confié avoir installé une vingtaine de robots dans l'entreprise. "Ce qui s'est traduit par une réduction des frais de personnel et une diminution d'environ 80% de la charge d'erreurs. Timing et efficience sont cruciaux pour le rotativiste. "La plupart des productions doivent être prêtes dans les 24 heures. Parfois moins de douze heures pour certains magazines. Ce qui nécessite un parc de machines à la hauteur", dit Bongaerts. Laura Goedertier, de la société gantoise Cartim, a rappelé que le personnel qualifié est une denrée rare. "Grâce à la digitalisation, nous pouvons confier davantage de tâches à valeur ajoutée à nos collaborateurs." Pour l'avenir, Goedertier attend une plus grande connectivité de la part des constructeurs de machines de finition. "Si nous voulons déployer une plate-forme connectée de A à Z, nous avons besoin de plus d'input en provenance de l'ensemble de nos machines en production." Dans sa présentation, Louis De Nolf, CEO de l'agence de communication Duomedia, a aligné plusieurs options sur la manière de se profiler avec succès en tant qu'expert. De Nolf voit ainsi de nombreuses opportunités de "thought leadership" lors d'évènement, dans les médias (sociaux), par ses propres canaux (blogs, articles, newsletters...), dans des réunions de vente, des webinaires, des livres blancs, etc. "Il doit s'agir d'informations qu'on ne trouve pas facilement sur Google." Louis De Nolf a conseillé aux personnes présentes dans l'assistance de se demander qui peut assumer au mieux ce rôle au sein de leur entreprise. "N'optez pas d'office pour le CEO, car ce choix peut être contreproductif. Le CEO doit déjà tenir compte dans sa communication de toutes sortes d'éléments et de parties prenantes comme le personnel, le conseil d'administration, les partenaires. Il ou elle doit aussi éviter de froisser quiconque. Et à force de s'astreindre à trop de nuances, la communication risque d'être fade et sans relief. Les points de vue d'expert doivent en revanche être percutants, aguichants, et faire la différence. De Nolf ne croit pas en ChatGPT comme créateur de contenus. "C'est la garantie de communiquer comme une souris grise ; votre contenu ne sortira pas du lot." Après la pause, la modératrice a interviewé Tom van Uffelen et Marnix Van de Cauter, de Universitas Digital Printing. "Ce qui nous unit est notre délire permanent", dit Marnix Van de Cauter, le CEO. Voilà environ deux ans et demi qu'il travaille main dans la main avec Tom van Uffelen, patron de Universitas. "Innover, c'est investir", dit van Uffelen. "Investir aussi dans l'humain, les formations. Chaque investissement doit rapporter. C'est ça, l'économie. Nous investissons dans l'optimisation des processus ; nous ne faisons pas un clic de trop. Aucune tâche n'est ennuyeuse pour un ordinateur. Ainsi libérons-nous du temps humain pour de la valeur ajoutée." Tom van Uffelen décrit son imprimerie comme une "boîte IT". "Avec un produit imprimé qui sort en bout de processus." Marnix Van de Cauter croit au papier en tant que support de transfert de savoir dans le monde éducatif, même si les tirages se réduisent et que le marché est en pleine consolidation. Dans un deuxième débat, Guy Lauwers, CEO de DIOSS, Luc Dierickx, Senior Account Manager chez Autajon Labels, Cris Tiebackx, dirigeant de Moizo-Livibel, et Jeannot Vereecken, chef de projet chez Van De Velde Packaging, ont parlé de l'importance de la créativité et de l'innovation de produit dans la branche. Guy Lauwers, par ailleurs aussi président du VIGC, a plaidé pour qu'on ne cherche pas systématiquement à sortir des sentiers battus. "Sortir du cadre, c'est bien, mais ce qu'il y a dedans reste important. L'innovation doit s'inscrire dans la stratégie de l'entreprise. Tenez compte des limitations. Je pense à la législation et aux ressources disponibles." Luc Dierickx reconnaît le champ de tension évoqué par Lauwers. "Il y a toujours une tension entre les demandes créatives des clients et ce que la production est capable de fournir. Il faut jouer entre les deux mondes. L'innovation réside souvent dans la combinaison de différentes techniques." Dierickx fait référence aux étiquettes Vertigo, qui ont remporté l'Innovation Award à l'Empack de l'an dernier. Ces étiquettes de bouteilles de gin sont produites par plusieurs procédés - la flexo et l'impression numérique - pour former un tout complémentaire et original. Cris Tiebackx, qui conçoit notamment des projets pour le secteur des soins de santé, lance un vibrant plaidoyer pour qu'on laisse les designers faire leur métier. "Une paroi dans une résidence pour personnes âgées doit évidemment respecter toutes sortes de normes - de sécurité incendie, par exemple. Tous les concepts sont systématiquement testés, et c'est ainsi que nous progressons pas à pas dans un projet. Le savoir-faire doit être préservé." Pour Jeannot Vereecke, de Van De Velde Packaging, la créativité des développeurs de produits est importante pour aider l'entreprise à se distinguer de la concurrence à l'international. Pouvoir commercialiser les innovations est crucial, selon Guy Lauwers. "L'innovation n'a pas droit de cité si elle ne concerne pas directement les clients. Tout commence par une bonne idée, mais ce n'est jamais que le début." Le mot de la fin de Het Congres a été à Richard van Hooijdonk, veilleur, futurologue et orateur international, qui a tenté de secouer le public présent avec des propositions stimulantes et provocatrices. "Quid si un algorithme s'avère bien meilleur que l'humain à développer des emballages", s'est-il demandé. Sommes-nous préparés à cette éventualité? Le comment et le pourquoi de l'automatisation ne posent plus question. "Nous n'allons plus assurer nous-mêmes les tâches répétitives et prévisibles." On pense aux robots dans les entrepôts. Ou aux chiens renifleurs électroniques utilisés pour détecter la cocaïne dans les conteneurs. Van Hooijdonk entrevoit le salut dans une combinaison de fabrication additive et de véhicules autonomes. "Si l'imprimé ne paie plus, imprimez des voitures", a-t-il lancé à la cantonade. "Nous devons apprendre à jongler avec la technologie", a-t-il ajouté. Avec, par exemple, des emballages qui seront animés par une couche de réalité augmentée. "Ainsi les clients pourront-ils interagir avec les marques ; les emballages raconteront des histoires", prédit Richard van Hooijdonk. Aux imprimeurs de développer tout cet appareillage numérique, car l'avenir de l'imprimé, dit le futurologue, tournera autour des données. Il voit "l'écosystème" comme la forme organisationnelle de demain. Les entreprises y collaboreront à l'échelle internationale avec des start-up, des universitaires et des labos. Parce que, toutes seules, elles n'y arriveront pas.