Bernard van Iren, du syndicat FNV, dit avoir été au courant que les fournisseurs des entreprises Roto Smeets, dont les brocheurs et les grossistes en papeterie, étaient payés fort tard depuis un certain temps. Il a toutefois été choqué d'apprendre la semaine dernière que la suspension de paiements avait été demandée le vendredi 12 avril. Trois jours plus tard, le tribunal déclarait la faillite, après quoi le curateur a pris langue avec plusieurs candidats possibles à la reprise. Il y avait urgence car les éditeurs tels que Sanoma et De Persgroep tenaient à assurer la parution de leurs hebdomadaires et magazines et devaient trouver des sites de production de remplacement - même si les rotatives ont continué de rouler même après la faillite de Roto Smeets.

Joost de Haas, Executive Director de Circle Media Group et CEO de Roto Smeets Group (RSG) a expliqué la faillite en évoquant "une année 2017 raisonnable" suivie par une "forte détérioration du marché en 2018" : "Les prix du papier ont augmenté de 15 à 20 %, tandis que nos volumes d'impression ont diminué deux fois plus vite que la moyenne des années précédentes." Une réorganisation était impossible selon lui à cause de la nouvelle loi néerlandaise sur le licenciement, appelée "Wet Werk en Zekerheid" : "Cette nouvelle loi est contre-productive dans un secteur en contraction comme le nôtre, et elle nous oblige maintenant à licencier nos employés sans plan social en les abandonnant à leur sort. Avec une autre législation, plus souple, ces faillites auraient pu être évitées."

Plus prosaïquement, la cause immédiate de la faillite est toutefois le fait que la banque a coupé les crédits à Roto Smeets, qui n'a dès lors plus été en mesure de s'acquitter de ses obligations de paiement.

Le groupe Roto Smeets (dont font notamment partie l'imprimerie hélio Roto Smeets Deventer, l'imprimerie offset Roto Smeets Weert et l'imprimerie offset Senefelder Misset, à Doetinchem), était devenue voici précisément deux ans (en avril 2017) une filiale de Circle Printers - l'actuel Circle Media Group. RSG employait encore 1 000 personnes à l'époque, effectif passé depuis à environ 800 salariés, chiffres du groupe.

Après la faillite d'Hélio Charleroi, les syndicats européens avaient tiré la sonnette d'alarme à propos de la situation financière de CMG. Ils craignaient notamment pour l'avenir de l'imprimerie Corelio, à Erpe-Mere. Dans une réaction, CMG avait qualifié les arguments des syndicats "d'infondés, non étayés et néfastes pour les entreprises du groupe". Reste que la question des arriérés de salaires de CMG en Espagne, par exemple, n'est toujours pas réglée.