Des tensions au sein du groupe étaient déjà perceptibles en Espagne et en Finlande, ainsi qu'il ressort de la déclaration commune publiée 1er mai, Fête du Travail. Les affiliés de ce pays sont engagés dans des négociations difficiles concernant le paiement d'arriérés de salaires : "Il est étonnant qu'en 2019, une grande multinationale européenne ne rémunère pas ses travailleurs pour le travail presté."

En dépit d'une rencontre avec la direction de CMG, fin mars, où il avait été convenu de tenir les représentants des travailleurs informés sur les développements en cours, ni préavis ni indication n'ont été donnés à UNI Europa Graphical concernant les faillites et ventes annoncées de différentes imprimeries.

UNI Europa Graphical fait savoir que, depuis les premières actions syndicales de fin février, les préoccupations concernant la situation financière de CMG et le manque de transparence du groupe n'ont fait que croître : "Un avis juridique a dès lors été demandé."

Le 26 février notamment, les syndicats ont mené une action devant les portes de Corelio à Erpe-Mere. Leur crainte est de voir cette entreprise, qui fait partie de CMG depuis l'année dernière, subir le même sort qu'Hélio Charleroi. Cette imprimerie d'héliogravure a été déclarée en faillite en début d'année. CMG a toutefois annoncé le 25 avril vouloir céder les imprimeries qu'il lui reste, dont Corelio. Geert Van Nieuwenborgh, directeur commercial chez Corelio Printing, s'est dit optimiste la semaine dernière sur LinkedIn : "Les années écoulées ont été marquées par des turbulences dans le monde de l'imprimerie. Surtout aux Pays-Bas. Les trois entreprises constitutives du groupe Roto Smeets ont fait faillite. Nos pensées chez Corelio Printing vont en premier lieu au personnel des entités concernées et aux clients et fournisseurs de ces entreprises. Que les choses soient claires... Corelio Printing opère dans un secteur actuellement en pleine transformation. Mais les résultats de notre imprimerie sont encore et toujours positifs. Nous avons dégagé un Ebitda positif au premier trimestre. Nous savons bien que nous devons nous adapter aux conditions de marché changeantes. Un nouvel actionnaire va arriver. La clarté va être faite. Nous sommes là aujourd'hui, et nous serons encore là demain."