L'explosion du 21 mars a coûté la vie à 80 personnes et fait des centaines de blessés. Les autorités chinoises ont interdit l'accès au complexe industriel en attendant que l'enquête fasse toute la lumière. Elles ont aussi durci les inspections de sécurité dans l'ensemble de l'industrie chimique. Selon le fabricant d'encre Flint, qui a fait part de ses condoléances aux familles des victimes et des survivants dans son communiqué de presse, des milliers d'usines sont à l'arrêt depuis. Cette catastrophe met en péril les approvisionnements de matières premières nécessaires à la fabrication des photo-initiateurs (les déclencheurs de la polymérisation des encres UV) et des pigments rouges et jaunes.

Selon Michael Podd (Flint Group), les imprimeries ne risquent toutefois pas de manquer d'encre : "Mais le déséquilibre entre l'offre et la demande va entraîner une hausse des coûts de matières premières." La fédération professionnelle européenne EUpia avait déjà mis en garde contre la raréfaction des photo-initiateurs - conséquence notamment d'une politique plus sévère des autorités chinoises dans le domaine environnemental.

L'association faîtière Intergraf avait aussi constaté début février, qu'après les majorations de prix de 2017 et 2018, les fabricants d'encre annonçaient de nouveau des prix plus élevés pour cette année, évoquant, là aussi, le renchérissement des principales matières premières.