Heidelberg espérait poursuivre le développement de son portefeuille propre, en l'étendant notamment aussi à la finition des imprimés numériques avec les machines de MBO. Les activités à racheter, en ce compris les sites allemands de MBO, à Oppenweiler et Bielefeld, et l'usine de Perifita au Portugal, auraient représenté un chiffre d'affaires cumulé d'environ 50 millions d'euros.

La semaine dernière, Andreas Mundt, président du Bundeskartellamt, a motivé ainsi l'interdiction de la fusion : "À travers le rachat du groupe MBO, Heidelberg, leader du marché, reprendrait son principal concurrent. On ne dénombre déjà aujourd'hui que quatre sociétés actives dans toute l'Europe sur le marché des plieuses."

Le CEO d'Heidelberg, Rainer Hundsdörfer, s'est dit déçu et reste convaincu que l'intégration des offres des deux entreprises aurait précisément apporté de multiples avantages et contribué à mettre en place un "processus industriel optimisé pour l'avenir numérique". La stratégie "postpresse" d'Heidelberg reste inchangée, a dit Hundsdörfer, avec notamment les plieuses Stahlfolder et le partenariat avec le spécialiste chinois de la finition, Masterwork. MBO dit vouloir continuer seule de son côté : l'année 2018 a été bonne et 2019 s'annonce sous le signe de la croissance.