Voilà trente ans exactement que les Pays-Bas ont introduit les autocollants " Non/Non " et " Non/Oui " à l'échelon national. Les ménages peuvent ainsi faire savoir qu'ils ne souhaitent pas trouver dans leur boîte aux lettres des dépliants promotionnels non adressés et/ou des journaux toutes boîtes gratuits. En 2017 toutefois, Amsterdam a décidé d'inverser le principe et de substituer " l'opt-in " à " l'opt-out " : désormais, les habitants devront faire expressément part de leur souhait de recevoir les folders en affichant un autocollant " OUI ". L'objectif de la Ville est de limiter les quantités de papier qui grossissent le flux des déchets. " L'arrêt du tribunal constitue une belle nouveauté dans la lutte contre le gaspillage de papier ", a déclaré Marieke van Doorninck, échevine du Développement durable, dans une réaction. Les partenaires sectoriels, dont la fédération professionnelle de l'industrie graphique KVGO, se sont toutefois dits " extrêmement déçus " et envisagent un pourvoi en cassation.

En 2018, 23 % en moyenne des boîtes aux lettres néerlandaises arboraient un autocollant Non/Oui ou Non/Non. À Amsterdam, ceux-ci ont donc déjà été remplacés par la nouvelle vignette OUI. Non sans effet, a calculé la KVGO : " Avant l'introduction de la vignette OUI, la moitié des boîtes aux lettres amstellodamoises arboraient un autocollant Non/Oui ou Non/Non. Nous touchions donc alors 220 000 ménages avec les dépliants publicitaires. Aujourd'hui, 23 % ont affiché un autocollant OUI, et nous avons accès à environ 100 000 ménages. " Selon les chiffres du bureau d'études municipal OIS, il semble même que la vignette OUI n'apparaisse que sur 19 % des boîtes aux lettres seulement.

La KVGO craint que le jugement rendu ne soit la porte ouverte à l'introduction de l'autocollant OUI à l'échelle nationale - des villes comme Rotterdam et Utrecht ont déjà formulé l'intention d'avancer en ce sens - et met en garde contre les conséquences : " Pensez aux commerçants qui ne peuvent plus informer leurs clients sur les actions et promotions qu'ils proposent. Les consommateurs perdent en pouvoir d'achat et les détaillants en revenus. Les petites PME qui ont déjà du mal à tenir le coup dans les rues commerçantes désertées ne seront plus en mesure de toucher leur public. Et ne parlons même pas de tous ceux dont le métier est de fabriquer et de distribuer les folders et les toutes-boîtes. Ils auront moins de travail à cause de ce jugement et vont devoir licencier. Tout cela à cause d'un autocollant, introduit sur la base d'allégations environnementales erronées et non avérées. "

Chez nous, les partenaires sectoriels et les pouvoirs publics ont convenu de maintenir en l'état la réglementation actuelle en matière d'autocollants Pub Non/Oui. Ce qui n'a pas empêché la Ville de Louvain d'annoncer peu de temps après vouloir introduire une vignette OUI (et une taxe sur les folders), dans le but de diminuer les volumes de vieux papiers. Seules les vignettes autocollantes Non/Non et Non/Oui peuvent toutefois être demandées en ce moment sur le site Web de la Ville. L'échevin en charge de la Propreté Thomas Van Oppens (Groen), initiateur de l'autocollant OUI à Leuven, n'avait toujours pas réagi la semaine dernière à notre demande d'éclaircissements sur la situation actuelle.