Selon la presse locale, Xerox aurait déjà annoncé la fermeture aux 141 travailleurs au mois de juillet - cinq ans exactement après l'ouverture en grande pompe du siège superbement rénové d'Impika, rebaptisé Xerox Inkjet Innovation Centre. En 2014, la CEO de l'époque Ursula Burns (au centre sur la photo prise lors de l'inauguration) avait spécialement fait le déplacement des États-Unis pour marteler la volonté de Xerox de conquérir la place de numéro un dans le domaine du jet d'encre également.Avec l'incorporation de la technologie et des presses jet d'encre d'Impika, entreprise fondée en 2003 et qui avait fait ses débuts à la Drupa en 2008, ce projet avait reçu une solide impulsion.Les machines d'Impika utilisaient des têtes de Panasonic et Kyocera, mais Burns affichait clairement ses ambitions dès 2014 :" Il y aura certainement une tête jet d'encre Xerox. "

Celle-ci a effectivement fini par voir le jour : la nouvelle presse feuille Baltoro présentée fin juin est équipée de têtes jet d'encre " Série W " de conception propre. Lors de la présentation, il a été clairement souligné qu'il s'agit d'une machine entièrement développée en interne, en remplacement, avec effet immédiat, de la presse feuille à jet d'encre Brenva existante. Lancée à la Drupa 2016, la Brenva avait été mise au point conjointement par Xerox et Impika.

L'arrêt des activités d'Impika en France coïncide avec d'autres reconsidérations stratégiques de Xerox. Début novembre, l'entreprise a vendu à Fujifilm sa participation de 25 % dans la joint-venture Fuji-Xerox (après l'échec de la tentative de rachat de Xerox par Fujifilm l'an dernier). Presque immédiatement après, Xerox a émis une offre de rachat sur HP. Les pourparlers entre les deux parties sont tendus.

En vertu de la loi française, Xerox a encore tenté de faire reprendre les installations d'Impika à Aubagne par d'autres parties. Selon le quotidien La Provence, EFI (désormais dirigée par Jeff Jacobson [à gauche sur la photo], qui avait été à l'initiative du rachat d'Impika en 2013 chez Xerox) et Kyocera (qui fournissait des têtes à Impika) auraient marqué des signes d'intérêt, mais la fermeture est malgré tout devenue inévitable.